Polyamines, cancer et douleurs chroniques : quels liens ?

Polyamines, cancer et douleurs chroniques : quels liens ?

Polyamines, cancer et douleurs chroniques, des pistes thérapeutiques encore peu explorées

Anthony Berthou 

Derrière ce terme technique se cache une famille de molécules essentielles à la vie. Principalement au nombre de trois – putrescine, spermidine, spermine – elles sont en effet étroitement impliquées dans les processus de division et de prolifération des cellules. Certaines études mettent de ce fait en évidence leurs liens potentiels dans le développement du cancer et plus récemment dans la gestion de la douleur chronique.

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Que sont les polyamines ?

Mises en évidence pour la première fois au XVIIème siècle dans le liquide séminal humain, leur reconnaissance en tant que molécules essentielles au métabolisme cellulaire est quant à elle relativement récente. Les polyamines sont des molécules de faible poids moléculaire à l’origine d’une forte interaction électrostatique avec d’autres molécules. En permettant notamment d’initier la synthèse de l’ADN et des protéines, les polyamines sont ainsi étroitement liées aux processus de croissance des cellules, y compris cancéreuses.  L’origine des polyamines est avant tout alimentaire et issue de la flore intestinale, même si l’organisme peut également en fabriquer. Dans des conditions physiologiques normales, l’alimentation est en mesure de couvrir les besoins : la quantité de polyamines dans la ration alimentaire dépend de la nature des aliments consommés, mais également de leur degré de fermentation, de leur mode de préparation et de cuisson.

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Polyamines et cancer

Plusieurs études démontrent que la prolifération cellulaire cancéreuse est dépendante des taux de polyamines et qu’il existe des concentrations plus fortes au sein des cellules cancéreuses en comparaison des cellules normales, ou encore qu’il existe des relations entre le métabolisme des polyamines et les cancers digestifs, du sein ou de la prostate. Chez l’animal, l’association d’un traitement de chimiothérapie à une alimentation dépourvue de polyamines a permis de doubler le temps de survie et de réduire de manière très significative la dissémination métastatique pulmonaire. Chez l’homme, une étude a été menée auprès de 13 patients présentant un adénocarcinome de prostate métastatique. Une alimentation à teneur réduite en polyamines pendant six mois 5 jours sur 7 leur a été proposé, en parallèle d’une décontamination intestinale : les résultats ont mis en évidence une amélioration de l’état général, un effet antidouleur significatif avec baisse de consommation des antalgiques, une absence de toxicité hépatique ainsi qu’un retour des douleurs et une dégradation de l’état général à la suite de l’arrêt du régime.

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Polyamines et douleur chronique

Selon une étude menée par l’équipe du Pr Breivik en 2006, 15 à 32% des Français souffrent de douleurs chroniques.