Certitudes et interrogations concernant les inhibiteurs d’aromatase

Certitudes et interrogationsinhibiteurs aromatase

L’ hormonothérapie est une arme thérapeutique utilisée depuis que Beatson, en 1896, a réalisé la première castration pour un cancer du sein métastatique. Ultérieurement, ont é t é utilisés paradoxalement les estrogènes à fortes doses, puis les androgènes : ces deux hormones étaient efficaces, mais entraînaient des effets secondaires, limitant leur utilisation. Le tamoxifène est apparu dans les années 1970, molécule à activité antiestrogène, bloquant la prolifération tumorale grâce à sa fixation sur le récepteur de l’estradiol des cellules tumorales. Ce traitement, contrairement aux précédents, avait le mérite d’être remarquablement toléré. Progressivement, il s’est imposé en première ligne d’hormonothérapie, puis en situation adjuvante. Dans les années 1980, l’aminoglutéthimide est apparu comme une hormonothérapie de deuxième et troisième ligne. C’était la première molécule à activité antiaromatase non spécifique (elle inhibe aussi les 17, 21 et 11 hydroxylases) et était relativement peu puissante ( i n h i b i t e u r d’aromatase de pre m i è re génération). Son manque de spécificité impliquait une corticothérapie associée. Son indéniable efficacité était hypothéquée par des effets secondaires importants. La deuxième génération d’antiaromatases n’a pas marqué un progrès par rapport à l’aminoglutéthimide (4-OH-androstènedione). Les inhibiteurs d’aromatase de t roisième génération, plus puissants et plus spécifiques que les molécules plus anciennes, se sont progressivement imposés comme hormonothérapie de référence, d’abord en deuxième ligne par rapport aux progestatifs et à l’aminogluéthimide, puis en première ligne par rapport au tamoxifène. Ces derniers peuvent être divisés en deux groupes : les antiaromatases non stéroïdiens (anastrozole et létrozole) et stéroïdiens (exémestane).

Effets secondaires de l’hormonothérapie – Société canadienne du cancer

Peu importe le traitement, il est toujours possible que certains effets secondaires se produisent. Cependant, ils n’affectent pas toutes les personnes malades et, si c’est le cas, chacune d’elles ne les ressent pas de la même façon.

Les effets secondaires de l’hormonothérapie dépendent surtout des facteurs suivants :

  • type d’hormonothérapie employé
  • dose de médicament hormonal administrée
  • état de santé global de la personne atteinte.

Les effets secondaires peuvent se manifester en tout temps au cours de l’hormonothérapie, tout de suite après ou seulement quelques jours ou semaines plus tard. Il arrive parfois que les effets secondaires s’atténuent au fur et à mesure que le corps s’adapte à l’hormonothérapie.

La plupart disparaissent une fois qu’on cesse de prendre le médicament hormonal (cela dépend de la durée du traitement et d’autres facteurs). Cependant, certains effets secondaires persistent après la fin du traitement.

Il est possible que des effets tardifs se manifestent des mois voire des années après l’hormonothérapie.

Certains effets peuvent durer un long moment ou être permanents.

Il est important de signaler tout effet secondaire à l’équipe soignante.

Il se peut que les médecins mesurent la gravité de certains d’entre eux.

Il arrive parfois qu’on doive ajuster la dose de médicament administrée si les effets secondaires sont importants.

Les diverses hormonothérapies engendrent différents effets secondaires. Les effets qui suivent sont ceux que les personnes sont le plus susceptibles d’expérimenter au cours d’une hormonothérapie.

Certaines personnes pourront éprouver tous les effets secondaires, alors que d’autres n’en ressentiront que quelques-uns ou même pas du tout. D’autres personnes encore éprouveront des effets secondaires différents.

Nausées et vomissements

Les nausées et vomissements peuvent se produire quand on prend certains médicaments hormonaux. En général, ces effets secondaires s’atténuent au fur et à mesure que l’organisme s’habitue au médicament ou ils diminuent d’eux-mêmes.

Le fait de prendre les médicaments avec de la nourriture ou au coucher peut aider à soulager ces effets.

Les nausées et vomissements peuvent aussi apparaître quelques heures après une radiothérapie à l’abdomen. Consultez le médecin ou votre équipe soignante si ces effets secondaires persistent.

 

Oedèmes ou gain de poids

L’œdème des mains ou des pieds est parfois causée par la rétention de liquide.

Certains médicaments hormonaux peuvent provoquer un gain de poids, qu’on peut maîtriser par la diète et l’exercice.

Diminution de l’intérêt envers le sexe

Certaines hormonothérapies peuvent rendre les gens moins intéressés par le sexe.

Cet effet secondaire peut être permanent si on a pratiqué une chirurgie pour bloquer la production d’hormones.

La diminution de l’intérêt ou la perte totale d’intérêt pour le sexe peut aussi être causée par les médicaments hormonaux. Cet effet secondaire peut durer tant qu’on administre le médicament hormonal, mais c’est parfois aussi un effet à long terme.

Bouffées de chaleur

Certaines hormonothérapies peuvent engendrer des bouffées de chaleur et de la transpiration.

En général, ces effets secondaires s’atténuent au fur et à mesure que l’organisme s’habitue au médicament hormonal ou lorsqu’on cesse de le prendre.

Il existe des façons d’atténuer les symptômes de la ménopause comme les bouffées de chaleur.

Consultez le médecin ou un membre de l’équipe soignante avant de prendre des produits à base de plantes médicinales pour soulager les bouffées de chaleur, puisque certains peuvent avoir des propriétés hormonales qui risquent d’affecter un cancer hormonosensible.

Le fait de prendre les médicaments hormonaux le soir peut aider certaines personnes à soulager les bouffées de chaleur.

Si ces bouffées sont plus présentes la nuit, prenez les médicaments le matin.

Ménopause provoquée par le traitement

La ménopause provoquée par le traitement peut être permanente chez les femmes dont les ovaires ont été enlevés par voie chirurgicale (ovariectomie) ou irradiés.

Lorsqu’on prend un médicament hormonal, la ménopause provoquée par le traitement peut être temporaire.

Chez certaines femmes, cet effet peut devenir permanent, en particulier si elles s’approchent de l’âge où la ménopause se produit naturellement au moment où elles entament l’hormonothérapie.

Les symptômes de la ménopause provoquée par le traitement sont identiques aux symptômes engendrés par la ménopause naturelle, mais ils peuvent être plus importants puisque la ménopause provoquée par le traitement se produit rapidement.

Il existe des façons de maîtriser les symptômes de la ménopause.

On peut, par exemple, prendre des suppléments alimentaires comme le calcium et la vitamine D pour aider à réduire la perte de densité osseuse (ostéoporose) associée à la ménopause.

0edème ou sensibilité des seins

Tant l’homme que la femme peuvent avoir un oedème ou une hypersensibilité des seins à cause de certains médicaments hormonaux. 

Réaction de flambée tumorale

Des symptômes du cancer, comme la douleur osseuse, peuvent s’aggraver lors de l’emploi initial d’un analogue de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LH-RH) ou du tamoxifène (Nolvadex, Tamofen). 

Analogue de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LH-RH)

Médicament qui stimule l’hypophyse pour qu’elle produise plus d’hormone lutéinisante, ou lutéinostimuline (LH). 

C’est ce qu’on appelle une réaction de flambée tumorale.

Il s’agit d’un effet secondaire temporaire qui se dissipe habituellement en quelques semaines.

Dans certains cas, il se peut qu’on administre des anti-androgènes avant ou en même temps que l’analogue de la LH-RH pendant 4 à 6 semaines pour réduire la réaction de flambée tumorale.

Troubles de la fertilité

Les troubles de la fertilité peuvent être temporaires ou permanents. Une perte permanente de la fertilité (infertilité) peut être causée par l’ablation chirurgicale des ovaires. Il est possible que la prise de médicaments hormonaux engendre aussi une perte temporaire ou permanente de la fertilité.

 

Diarrhée

La diarrhée est le résultat de certains médicaments hormonaux qui affectent les cellules qui tapissent le tube digestif (tractus gastro-intestinal). Les facteurs qui font augmenter le risque de souffrir de diarrhée sont entre autres le type et la dose de médicament hormonal administré.

Fatigue

La fatigue rend une personne plus lasse que d’habitude et peut nuire aux activités quotidiennes et au sommeil. Elle se manifeste pour diverses raisons dont l’anémie, des médicaments spécifiques, une perte d’appétit, la dépression ou bien des substances toxiques qui sont produites lorsque les cellules cancéreuses se décomposent et meurent. La fatigue peut s’atténuer avec le temps. Il est aussi possible qu’elle se prolonge bien après que le traitement hormonal soit terminé.

Douleur musculaire ou articulaire

La douleur musculaire ou articulaire peut apparaître quelques jours après le début de la prise de médicaments hormonaux.

Elle est un peu moins fréquente avec les anti-œstrogènes qu’avec les inhibiteurs de l’aromatase.

Prendre des médicaments comme l’acétaminophène (Tylenol) peut aider à atténuer cet effet secondaire.

 

Thrombose

Il est possible qu’un caillot sanguin se forme dans une jambe ou un poumon lors de l’hormonothérapie.

Les symptômes sont la sensibilité du mollet, le durcissement d’une veine, une douleur ou une enflure des jambes, de la difficulté à respirer et une douleur thoracique.

Perte de densité osseuse (ostéoporose)

L’ostéoporose est un effet à long terme qui risque de se produire avec certains médicaments hormonaux, comme les inhibiteurs de l’aromatase et les analogues de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LH-RH).

Il est possible que le médecin prescrive une ostéodensitométrie avant de commencer certaines hormonothérapies.

Cet examen permet d’avoir une valeur de référence à laquelle le médecin pourra comparer les examens de suivi.

On peut prévenir et maîtriser la perte osseuse avec la prise de suppléments de vitamine D et de calcium, l’activité physique et la prise de médicaments.

 

Read more: http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/diagnosis-and-treatment/chemotherapy-and-other-drug-therapies/hormonal-therapy/side-effects-of-hormonal-therapy/?region=qc#ixzz4adQJF1hj

Source : Effets secondaires de l’hormonothérapie – Société canadienne du cancer

Association of Vitamin D and Calcium with Breast Cancer in Indian Women: Results of a Case-Control Study

La présente étude cas-témoin a été entreprise dans le but d’étudier l’association entre les facteurs de risque nutritionnels et les concentrations circulantes de 25-hydroxy-vitamine D [25 (OH) D] et de calcium avec le risque de cancer du sein (BC) chez les femmes indiennes.

Au total, 320 femmes (cas) ayant reçu une AC confirmée fréquentant un hôpital de soins tertiaires et  300 femmes saines (témoins) d’âge et de statut socioéconomique semblables ont été incluses dans l’étude. Des informations ont été recueillies auprès de tous les participants à l’étude sur le statut sociodémographique et l’apport alimentaire pour les aliments contenant de la vitamine D en utilisant un questionnaire semi-structuré. Des échantillons de sang (5 mL) ont été prélevés pour l’estimation biochimique des concentrations sériques de 25 (OH) D en utilisant une technique d’immunoessai chimioluminescent et les concentrations totales de calcium sériques ont été déterminées par une technique d’analyse colorimétrique. L’analyse bivariée a été réalisée par régression logistique univariée, et l’analyse multivariée a été effectuée en utilisant la régression logistique multivariée par étapes. L’âge moyen des cas était de 47,35 ± 10,2 ans. Les femmes du groupe socioéconomique faible avaient une probabilité significativement plus élevée d’avoir une RC (OR: 3,9; IC 95%: 1,8, 8,3) que les femmes du groupe socioéconomique élevé (OR: 1,9; IC 95%: 1,0 à 3,5). En raison de la présence de vitamine D dans les champignons et les œufs, on a constaté que les femmes ayant un apport de champignons de 1 à 2 fois / mois avaient des cotes significativement plus faibles de CdS (OR: 3,14; IC 95%: 0,7 à 13,2) Prise occasionnelle ou non (OR: 5,47; IC 95%: 1,6 à 18,6). Aucune association significative n’a été trouvée entre la fréquence de l’apport d’œufs et le risque de CdS. Les concentrations sériques de 25 (OH) D et de calcium <20 ng / mL et de 10,5 mg / dL, respectivement, se sont révélées être significativement associées à un risque plus élevé de BC, avec des OR (IC 95%) de 1,78 (1,01, 3,17) Et 1,73 (1,1, 2,64), respectivement (P <0,005). Les résultats de la présente étude soutiennent l’association trouvée, dans les études antérieures, entre concentrations inférieures en 25 (OH) D et un risque accru de CdS.

Source : Association of Vitamin D and Calcium with Breast Cancer in Indian Women: Results of a Case-Control Study

Lifelong vegetarianism and breast cancer risk: a large multicentre case control study in India | BMC Women’s Health

Contexte: La baisse du nombre de cas de cancer du sein chez les populations asiatiques où la consommation de produits d’origine animale est inférieure à celle des populations occidentales a conduit certains à penser qu’un régime végétarien pourrait réduire le risque de cancer du sein.

Méthodes: Entre 2011 et 2014, nous avons mené une étude cas-témoins multicentrique basée sur un hôpital dans huit centres de cancérologie en Inde. Les cas admissibles étaient des femmes âgées de 30 à 70 ans, avec un cancer du sein invasif nouvellement diagnostiqué (ICD10 C50).

Les contrôles ont été adaptés en fréquence aux cas par âge et région de résidence et choisis parmi les accompagnants des patients atteints de cancer ou les patients dans l’hôpital général sans cancer. L’information sur les facteurs diététiques, de style de vie, reproductifs et sociodémographiques a été recueillie à l’aide d’un questionnaire structuré administré par l’intervieweur. Des modèles de régression logistique multivariée ont été utilisés pour estimer le rapport de cotes (OR) et les intervalles de confiance de 95% pour le risque de cancer du sein par rapport au végétarisme à vie, en ajustant les facteurs de risque connus pour la maladie.

Résultats: L’étude comprenait 2101 cas et 2255 témoins. L’âge moyen au recrutement était similaire dans les cas (49,7 ans (SE 9,7)) et les témoins (49,8 ans (SE 9,1)). Environ un quart de la population était des végétariens tout au long de la vie et les taux variaient considérablement selon la région.

Lors d’une analyse multivariée, avec un ajustement des facteurs de risque connus de la maladie, le risque de cancer du sein n’a pas diminué chez les végétariens de toute une vie (OR 1,09 (IC 95% 0,93-1,29)).

Conclusions: L’exposition à vie à un régime végétarien semble avoir peu, sinon aucun effet sur le risque de cancer du sein.

 

Source : Lifelong vegetarianism and breast cancer risk: a large multicentre case control study in India | BMC Women’s Health | Full Text

Alimentation et cancer du sein 

De nombreuses femmes ayant reçu un diagnostic de cancer du sein se posent des questions sur le rôle de l’alimentation dans le traitement, le rétablissement et le risque de récidive. Des études portent actuellement sur le rôle des aliments, de la nutrition et de l’activité physique par rapport au taux de survie au cancer du sein. Pour l’instant, on ne possède pas suffisamment de preuves pour faire des recommandations particulières.

Un régime alimentaire qui favorise une alimentation saine et bien équilibrée composée d’une grande variété d’aliments, associée à la pratique régulière d’activités physiques et le maintien d’un poids santé, contribue probablement à une bonne santé globale lorsqu’on se rétablit d’un cancer du sein.

Les survivantes au cancer du sein peuvent satisfaire leurs besoins nutritionnels en suivant le Guide alimentaire canadien. Ce guide indique le nombre de portions recommandé pour chacun des 4 groupes alimentaires ainsi que la nécessité de consommer une grande variété d’aliments.

Les femmes atteintes d’un cancer du sein devraient consulter leur médecin ou une diététiste avant de modifier leur alimentation ou de prendre des suppléments alimentaires (en comprimés ou en poudre).

Une femme qui se rétablit du cancer du sein peut se préoccuper des aspects suivants concernant l’alimentation et le cancer du sein.

 Soja

Le soya contient des agents phytochimiques semblables à l’œstrogène qui sont peu concentrés et qu’on appelle phytoestrogènes (plus particulièrement des isoflavones ou des isoflavonoïdes). Parmi les aliments à base de soya, on trouve le tofu, la boisson au soya, les fèves de soya, les noix de soya et le miso. Il existe d’autres sources de soya, comme des poudres et des comprimés à base de protéines de soya ainsi que d’autres formes de suppléments.

Certaines études ont révélé que les produits à base de soya peuvent réduire le risque de cancer du sein, mais elles se sont déroulées auprès de personnes vivant dans d’autres pays (pour la plupart en Asie) dont l’alimentation était riche en soya. Cette baisse du risque pourrait être due à d’autres facteurs que la consommation de soya. Une analyse récente des résultats de 18 études indique que la consommation de produits à base de soya engendre une très légère diminution du risque de cancer du sein, mais ces résultats doivent être interprétés avec prudence en raison des variations dans la quantité et le type de produits consommés chez les participantes.

De nombreuses survivantes au cancer du sein s’inquiètent à l’idée d’inclure le soya dans leur alimentation, parce qu’elles craignent que le soya n’agisse de la même façon que l’œstrogène naturel (œstrogénique) et qu’il favorise le développement du cancer du sein. La plupart des observations actuelles portent à croire que le soya n’est probablement pas dangereux pour les survivantes au cancer du sein lorsque celles-ci le consomment en petites quantités, comme dans un régime alimentaire asiatique typique.

  • On peut inclure à son alimentation jusqu’à 3 portions quotidiennes d’aliments à base de soya, comme le tofu ou la boisson de soya.
  • On devrait éviter de consommer des sources concentrées de soya, comme les poudres ou les suppléments de soya, car ces produits peuvent affecter le corps d’une manière similaire aux œstrogènes.
  • Certains médecins peuvent recommander aux femmes qui prennent du tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) d’éviter le soya puisqu’il pourrait nuire à l’efficacité du médicament. Cependant, de récentes études ont suggéré que le soya pourrait être sans danger pour les femmes qui prennent ce médicament.

On ne sait pas si le soya réduit le risque de récidive du cancer du sein ou d’apparition de la maladie chez les femmes qui présentent un risque élevé de cancer du sein.

Suppléments alimentaires ou à base de plantes médicinales

Les suppléments alimentaires, tels que les vitamines et les minéraux, ou à base de plantes médicinales ne remplacent pas une alimentation saine et bien équilibrée. Les suppléments peuvent être utiles pour fournir les éléments nutritifs à une femme qui ne peut pas les obtenir en quantité suffisante par son alimentation. Demandez à votre médecin ou à une diététiste si vous avez besoin d’un supplément vitaminique ou minéral.

Lorsqu’on pense à prendre un supplément alimentaire, il faut être conscient que les gens d’âges et de sexes différents ont des besoins nutritionnels différents.

Chaque apport nutritionnel de référence (ANREF) représente la quantité moyenne d’un certain élément nutritif nécessaire à la prévention des carences et à la réduction du risque de maladie chronique.

Prendre un élément nutritif en quantité plus grande que la normale n’est pas nécessairement mieux ou plus sûr. De fortes doses de certains minéraux et vitamines peuvent être nocives ou entraver l’efficacité de médicaments sur ordonnance, de médicaments en vente libre ou de traitements du cancer.

Certains suppléments à base de plantes médicinales peuvent également nuire à des médicaments ou à des traitements du cancer.

Les survivantes au cancer du sein qui songent à prendre des suppléments devraient discuter avec leur médecin ou une diététiste des types et quantités appropriés à leur cas.

Les professionnels de la santé qui participent aux soins d’une femme atteinte d’un cancer du sein devraient connaître tous les suppléments qu’elle prend ainsi que les quantités.

Antioxydants

Les antioxydants sont des substances chimiques présentes dans de nombreux aliments. Les antioxydants protègent les cellules et les tissus du corps des radicaux libres (molécules instables qui se forment au cours du métabolisme cellulaire normal et qui réagissent facilement avec d’autres molécules). Les radicaux libres sont formés lorsque notre corps utilise de l’oxygène. Ils peuvent endommager les cellules, ce qui pourrait mener au cancer. On croit que les antioxydants aident à protéger les cellules en inactivant les radicaux libres avant qu’ils ne causent des dommages.

Des vitamines et minéraux présents dans de nombreux aliments, en particulier les fruits et les légumes, agissent comme des antioxydants. La vitamine C, la vitamine E, le bêta-carotène et le sélénium sont des antioxydants. Il est préférable de consommer des aliments qui contiennent des antioxydants plutôt que des suppléments.

Les femmes atteintes du cancer du sein devraient vérifier auprès de leur médecin si elles peuvent prendre des antioxydants, tout particulièrement pendant un traitement. Certaines études ont démontré que prendre de grandes doses de suppléments d’antioxydants au cours d’une chimiothérapie, d’une radiothérapie ou de l’association des deux peut rendre ces traitements moins efficaces. Ces deux traitements forment des radicaux libres dans les cellules cancéreuses dans le but de les endommager et de les détruire. Comme les antioxydants inactivent les radicaux libres, ils les empêchent de détruire les cellules cancéreuses.

Graisse alimentaire

La consommation de matières grasses est importante à la santé globale. La graisse alimentaire fournit de l’énergie, aide à absorber certaines vitamines, est nécessaire à une croissance et à un développement normaux et protège certains organes.

Certains résultats de recherche ont établi un lien entre une alimentation riche en matières grasses et une hausse possible du risque de cancer du sein.

Si on consomme trop de gras, on peut finir par avoir un surplus de poids ou devenir obèse. Être obèse (indice de masse corporelle [IMC] de 30 ou plus) accroît le risque de cancer du sein chez la femme, en particulier après la ménopause.

Plusieurs études ont porté sur le lien entre la graisse alimentaire et le taux de survie au cancer du sein, mais les résultats sont incohérents.

Une récente étude a laissé entendre qu’un régime faible en matières grasses peut réduire le risque de récidive du cancer du sein, en particulier chez les femmes atteintes d’une tumeur précoce dont les récepteurs sont négatifs à l’œstrogène.

D’autres recherches sont en cours et on doit en mener davantage avant de tirer des conclusions définitives sur l’effet des différents types et quantités de graisse alimentaires, de certains aliments ou d’autres composants alimentaires sur le risque de réapparition du cancer du sein. Les femmes atteintes d’un cancer du sein pourraient vouloir consommer moins de matières grasses et plus de fruits, de légumes et de céréales afin d’adopter une alimentation saine et de parvenir à atteindre et à maintenir un poids santé.

Voici quelques suggestions pour adopter une alimentation faible en matières grasses :

  • S’assurer que son apport total en matières grasses soit équivalent à tout au plus 30 % de son apport calorique quotidien.
  • Opter pour des produits laitiers faibles en matières grasses, comme le lait 1 % ou des produits tels que le lait, le yogourt et les fromages écrémés.
  • Opter pour les coupes de viandes plus maigres.
  • Limiter sa consommation d’aliments qui contiennent de grandes quantités de matières grasses saturées et de gras trans.
  • Utiliser des matières grasses insaturées (saines) pour préparer ses aliments.
  • Réduire la quantité de matières grasses employées lorsqu’on cuisine.

Alcool

La consommation quotidienne d’une boisson alcoolisée ou plus est associée à une légère hausse du risque de cancer du sein. On ne sait pas si l’alcool joue un rôle dans le risque de récidive, le développement d’un second cancer du sein ou le taux de survie au cancer.

L’alcool est susceptible de faire augmenter le taux d’œstrogène et aussi de réduire la quantité de certains éléments nutritifs essentiels qui protègent contre les lésions cellulaires.

  • Vérifiez auprès de votre médecin si vous pouvez boire de l’alcool pendant et après le traitement de votre cancer du sein. Il est possible que l’alcool nuise à l’efficacité des médicaments et des traitements et qu’il aggrave certains troubles médicaux.
  • Si vous décidez de boire de l’alcool, limitez-vous à moins d’une consommation normale par jour.

Régime végétarien

Certaines femmes pourraient vouloir adopter un régime végétarien après avoir reçu un diagnostic de cancer du sein. Les régimes végétariens ont tendance à avoir des caractéristiques saines, comme d’être faible en gras saturé et riche en fibres, en vitamines, en minéraux et en agents phytochimiques. Néanmoins, il n’y a aucune preuve qu’un régime végétarien peut prévenir la récidive du cancer du sein ou en diminuer le risque.

Un régime végétarien qui comprend du poisson, des produits laitiers et des œufs comporte habituellement suffisamment de protéines pour répondre aux besoins du corps. Un régime végétarien qui exclut tout aliment provenant d’animaux peut répondre aux besoins en protéines si on consomme des légumineuses, des noix et des céréales en quantité suffisante. Il faut néanmoins ajouter des suppléments de vitamine B12.

Les survivantes au cancer du sein qui veulent adopter un régime végétarien devraient consulter une diététiste pour s’assurer que leur régime alimentaire répond à tous leurs besoins nutritionnels.

Viande

La viande est une source précieuse d’éléments nutritifs comme les protéines, le fer, le zinc et la vitamine B12. De nombreuses survivantes au cancer du sein se préoccupent à savoir si la viande, en particulier la viande rouge, fait augmenter le risque de récidive du cancer du sein.

D’après certaines données, les personnes qui mangent plus de viande rouge et de viande transformée courent un risque accru de cancer, en particulier de cancer colorectal. Des données récentes montrent aussi qu’une plus grande consommation de viande rouge et de viande transformée semble accroître modérément le risque de décès par cancer, maladie cardiaque et autre maladie. Ces études ne portaient toutefois pas spécifiquement sur les survivantes au cancer du sein.

Selon ces données, les survivantes au cancer du sein devraient essayer de limiter la quantité de viande rouge qu’elles consomment chaque semaine à 3 portions pour aider à réduire leur risque de mourir du cancer. Les substituts sains de la viande comprennent le poisson, les fruits de mer, la volaille, les haricots secs, les lentilles et le tofu.

Graine de lin

Comme le soya, la graine de lin contient aussi un agent phytochimique semblable à l’œstrogène qui est peu concentré et qu’on appelle phytoestrogène. Le lin contient des lignanes, un type de phytoestrogène.

Une étude canadienne menée auprès d’un petit nombre de survivantes au cancer du sein laisse entendre que la consommation quotidienne de 2 cuillères à soupe de graines de lin moulues peut ralentir le développement des cellules cancéreuses. Même si d’autres recherches sur des souris à qui on a injecté des cellules humaines du cancer du sein ont montré les mêmes effets, il faudra faire plus de recherches sur les survivantes au cancer du sein pour savoir si la graine de lin peut améliorer le taux de survie.

Jusqu’à ce qu’on en sache davantage, les femmes atteintes d’un cancer du sein devraient discuter avec leur équipe soignante si elles se posent des questions sur la graine de lin ou les aliments à base de cette graine et sur la quantité qu’elles peuvent consommer.

Hormones dans les aliments

Les stimulateurs de croissance hormonaux (SCH) permettent aux animaux de prendre du poids plus rapidement et augmentent la croissance de tissus maigres. On parvient ainsi à obtenir un produit à moindre coût. Les SCH sont sécrétés naturellement par les animaux ou peuvent être fabriqués artificiellement (synthétiques). Au Canada, l’emploi des SCH est approuvé et ceux-ci comprennent l’estradiol (type d’œstrogène), la progestérone, la testostérone et d’autres formes d’hormones synthétiques.

L’usage des SCH a été approuvé seulement pour les bovins de boucherie. Jusqu’à ce jour, la recherche scientifique n’a pas démontré que les produits alimentaires dérivés d’animaux auxquels on administre ces SCH nuisent à la santé humaine. Aucune étude n’a comparé directement le risque de cancer du sein chez les femmes qui mangent de la viande provenant d’animaux traités aux SCH à celui des femmes qui mangent de la viande ne provenant pas d’animaux ainsi traités.

Poids santé

Le maintien d’un poids santé est une composante importante du rétablissement d’un cancer du sein.

Certaines femmes peuvent perdre du poids au cours du traitement du cancer du sein en raison des effets secondaires de traitements comme la chimiothérapie. Avoir un poids insuffisant peut accroître le risque de complications durant un traitement et affecter la qualité de vie de la femme traitée.

D’autres femmes prennent du poids en cours de traitement, que ce soit en raison de traitements comme l’hormonothérapie ou d’une moins grande quantité d’activités physiques qu’avant.

L’obésité accroît le risque pour une femme d’être atteinte d’un cancer du sein. Il y a de plus en plus de données qui indiquent que l’obésité peut avoir un effet négatif sur la survie au cancer du sein et accroître le risque de récidive.

On peut réussir à maintenir un poids santé grâce à l’association d’un régime alimentaire et de l’activité physique. Les survivantes au cancer du sein peuvent vouloir discuter avec des membres de l’équipe soignante, une diététiste ou un spécialiste de l’exercice pour obtenir des suggestions sur la manière d’atteindre et de maintenir un poids santé.

Read more: http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/cancer-type/breast/supportive-care/nutrition-and-breast-cancer/?region=qc#ixzz4Z9yrKzDt

Source : Alimentation et cancer du sein – Société canadienne du cancer

Cancer du sein : la désescalade thérapeutique en débat

Dans les centres de lutte contre le cancer, plus de la moitié des segmentectomies seraient ambulatoires, selon le Pr Coutant. « Les freins proviennent principalement des professionnels de santé, pas des patientes, qui préfèrent pratiquement toujours rentrer chez elles le soir même », constate-t-il, en s’appuyant sur les résultats d’une enquête anonyme mise en place dans son service : 97 % des patientes se déclaraient satisfaites ou très satisfaites de leur prise en charge et conseilleraient à une parente la c

Source : Cancer du sein : la désescalade thérapeutique en débat | egora.fr

Cancer du sein triple négatif : la voie de la prolactine | egora.fr

Environ 15% de tous les cancers du sein ont un statut triple négatif, c’est-à-dire que la tumeur est négative pour les récepteurs aux estrogènes, pour les récepteurs à la progestérone et pour les récepteurs HER. Si bien que ces cancers sont plus difficiles à traiter. Mais d’après des travaux mis en avant par un communiqué du Centre universitaire de santé McGill, la prolactine serait un moyen de combattre plus efficacement certains de ces cancers triple-négatifs.

L’équipe menée par le Dr Suhad Ali a travaillé sur une population de 580 femmes atteintes d’un cancer du sein triple négatif. En analysant l’ensemble des données disponibles, cette équipe a pu montrer que la survie de ces femmes était d’autant plus longue que ces tumeurs exprimaient amplement des récepteurs à la prolactine et que chez ces femmes, un traitement par prolactine permettaient de réduire la vitesse de multiplication des cellules cancéreuses et leur aptitude à essaimer à distance.

Pour cette équipe, la recherche de ces récepteurs à la prolactine au sein de la population triple-négatif permettrait d’identifier les femmes susceptibles non seulement de bénéficier d’un traitement à base de prolactine mais également d’éviter certains traitements particulièrement lourds à supporter et dont l’efficacité est toute relative dans ces cancers particulièrement résistants.

La façon dont la prolactine exerce cet effet protecteur reste méconnue mais ce résultat confirme celui d’études antérieures ayant mis en lumière un effet protecteur vis-à-vis du risque de cancer du sein, l’allaitement étant une illustration de cet effet protecteur de la prolactine.

Sources :

Vanessa M. López-Ozuna et coll. Prolactin pro-differentiation Pathway in triple negative breast cancer: Impact on prognosis and potential therapy Scientific Reports, doi:10.1038/srep30934,

Source : Cancer du sein triple négatif : la voie de la prolactine | egora.fr